Les Thérapies Nutritionnelles

Sommes-nous ce que nous mangeons ? Tous les systèmes de santé, parallèles ou conventionnels, ont recours a la diététique. Les recherches sur les effets de l’alimentation sur le corps humain commencent au début du XXe siècle, et confirment l’importance des vitamines et des sels minéraux dans le maintien de la santé. Englobant toutes sortes d’approches, les thérapies parallèles nutritionnelles cherchent à soulager les troubles physiques et psychologiques au moyen de régimes spéciaux et de suppléments nutritionnels. Si les médecins reconnaissent les bienfaits d’une alimentation équilibrée, ils se montrent plus sceptiques, en revanche, au sujet du pouvoir de guérison des régimes diététiques.

nutritionIndications

Céphalées, migraines – Fatigue – Syndrome du côlon irritable, ballonnements – Troubles digestifs – Arthrite – Hypertension – Problèmes circulatoires – Problèmes menstruels – Asthme, eczéma – Allergies

Historique

L’alimentation joue un rôle thérapeutique depuis des millénaires. L’ail, par exemple, était utilisé pour traiter toute sorte d’affections dès l’Antiquité égyptienne et grecque. Des essais cliniques modernes ont démontré depuis la capacité de l’ail à faire baisser la tension artérielle et le taux de cholestérol, et ont confirmé ses vertus antibactériennes et antivirales. Au XVIIIe siècle, la Marine britannique prévenait le scorbut en donnant des citrons à ses marins, alors que la vitamine C — l’agent préventif — ne fut identifiée qu’en 1928.

Au XIXe siècle, les partisans de la « médecine naturelle » (une pratique qui prendra le nom de naturopathie) affirmaient que les aliments pouvaient s’employer comme médicaments. Au XXe siècle, les progrès en biochimie validèrent la nécessité d’une alimentation équilibrée, riche en vitamines et en sels minéraux. Le terme « vitamine » fut inventé par Casimir Funk, un biochimiste polonais vivant à Londres. En 1912, il suggéra que de minuscules quantités de substances trouvées dans divers aliments étaient essentielles à la santé. Quelques années plus tard, des chercheurs découvrirent que la pellagre, une maladie dont les symptômes psychologiques ressemblent à ceux de la schizophrénie, pouvait être traitée par de fortes doses de niacine (une vitamine B). D’autres recherches permirent d’isoler les vitamines A, D, E et K, liposolubles, les vitamines C et le complexe vitaminique B, hydrosolubles.

Le rôle des anti-oxydants dans le maintien de la santé, dans la prévention et le traitement de la maladie et dans le retardement du vieillissement, n’a été compris que très récemment. D’autres aspects nutritionnels notoires des années 80 et 90 incluent l’importance des fibres alimentaires dans la digestion, les effets néfastes des additifs, du cholestérol et des pesticides sur l’organisme, et la découverte d’oestrogènes naturels, ou phytoestrogènes, dans le soja. Les autorités médicales du monde entier reconnaissent aujourd’hui la valeur de l’alimentation dans le maintien de la santé populaire et dans la réduction des déficits des systèmes de sécurité sociale.

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Principes de base

Les liens entre la maladie et une mauvaise alimentation sont reconnus depuis longtemps. Avec les thérapeutes nutritionnels, qui ne sont pas médicalement qualifiés, les nutritionnistes utilisent l’alimentation et les suppléments nutritionnels pour prévenir et traiter la maladie. Tous les praticiens pensent que la santé est directement liée à la qualité de la nourriture absorbée par l’individu. C’est ainsi que les aliments cultivés dans des terres pauvres manquent de nutriments, que les récoltes arrosées de pesticides peuvent contenir des produits toxiques et que les antibiotiques donnés au bétail peuvent se retrouver dans le sang humain. Bien qu’il y ait une surabondance d’aliments frais en Occident, beaucoup privilégient les aliments industriels sans aucune valeur nutritive et présentent alors des carences en vitamines et minéraux essentiels.

Tout comme les médecins nutritionnistes, les praticiens des thérapies nutritionnelles cherchent à améliorer l’alimentation d’un patient en vue d’une santé optimale. En général, le traitement est aussi censé améliorer l’humeur et le bien-être du patient, et retarder le vieillissement. Les praticiens recherchent les carences, les allergies ou tolérances alimentaires et les facteurs environnementaux qui pourraient provoquer une mauvaise digestion ou assimilation dans l’estomac et les intestins, empêchant ainsi les nutriments d’atteindre le sang. D’autres facteurs incluraient une “surcharge toxique”  issue d’un excès de métaux lourds ou de produits chimiques environnementaux, et des problèmes d’équilibre dans la flore intestinale.

Flore intestinaleflore intestinale

Tout un écosystème de bactéries, appelé flore intestinale, habite les intestins, protégeant les parois et maintenant leur délicat équilibre chimique. Cet équilibre peut être perturbé par la maladie ou la médication (en particulier les antibiotiques) ce qui entraîne un état appelé dysbiose par les thérapeutes nutritionnels (intolérances alimentaires).

Preuves à l’appui 

Les recherches sur le rapport entre la nutrition et la santé sont considérables. De nombreuses études associent une consommation excessive de graisses avec les cancers du sein, de la prostate, du côlon et du rectum, et le cancer du côlon est particulièrement lié à une alimentation pauvre en fibres. Dans une étude anglaise publiée dans The Lancer en 1996, on constate que d’importants suppléments en vitamine E (un anti-oxydant) freinèrent le processus de maladie artérielle chez les patients souffrant d’angine de poitrine.

Une étude parue en 1994 révéla que le régime alimentaire crétois réduisait de 70 % les risques d’infarctus du myocarde secondaire. Ce régime est pauvre en graisses saturées et en viande rouge, et riche en fruits et légumes, en huile d’olive (qui fait baisser le taux de mauvais cholestérol) et en poisson gras (qui contient un acide gras essentiel).

Des ami-oxydants administrés à 30000 personnes dans la province de Linxian, en Chine, sur une période de 5 ans, révélèrent une chute de 20 % du cancer de l’estomac et de l’œsophage, selon des recherches publiées dans le Journal of the National Cancer Institute en 1993.nutrition

Une étude publiée en 1993 dans le British Journal of Rheumatology indiquait un lien possible entre la polyarthrite rhumatoïde et l’intolérance alimentaire.

Parmi les autres suppléments nutritionnels à fort impact clinique, on peut citer l’acide folique (pris par les femmes enceintes pour prévenir les défauts du tube neural et réduire le risque de palais fendu chez les bébés), le magnésium (censé alléger la pré-éclampsie des femmes enceintes, un état caractérisé par de l’hypertension et de la rétention d’eau) et la vitamine B6 (qui aide à traiter le syndrome prémenstruel).

Le point de vue médical

La plupart des médecins reconnaissent le rôle joué par la nutrition dans la prévention de la maladie, et s’intéressent au potentiel de certains régimes à réduire les risques de cancer. Ils sont plus sceptiques quant à l’efficacité de la nutrition pour traiter la maladie, sauf dans le cas de problèmes cliniques spécifiques, telle la goutte, le diabète, le cholestérol et, dans une moindre mesure, les migraines, le syndrome du côlon irritable et l’eczéma. Le régime alimentaire crétois est reconnu par la plupart comme bénéfique à la prévention des maladies cardio-vasculaires.

Consulter un praticien en nutrition

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Certains médecins se sont spécialisés dans les approches nutritionnelles, souvent dans le cadre de leur intérêt pour l’écologie clinique. Les thérapeutes nutritionnels non médicalement qualifiés sont généralement formés en nutrition, physiologie, biochimie, pathologie, techniques naturopathiques et principes d’écologie clinique. On consulte souvent un thérapeute nutritionnel en cas de symptômes prolongés que la médecine officielle ne parvient pas à expliquer (fatigue, céphalées, troubles digestifs, problèmes de peau et d’œdèmes).

Les thérapeutes nutritionnels pensent qu’on peut manquer de nutriments essentiels, même en cas d’alimentation saine. Avant de commencer le traitement, le praticien vous interrogera sur votre alimentation actuelle, votre passé médical et vos symptômes. Il pourra vous demander si vous buvez de l’alcool ou si vous fumez, et vous questionner sur vos sports et activités, votre état émotionnel et sur toute médication en cours. Il pourra aussi vous demander de tenir un journal de votre alimentation pendant trois jours.

Le praticien examinera également l’état de votre peau et de vos mains, entre autres, afin de déceler tout défaut nutritionnel. Les thérapeutes nutritionnels (et certains nutritionnistes) utilisent souvent d’autres techniques de diagnostic pour déterminer les carences et les intolérances alimentaires. Il peut s’agir de tests sur un échantillon de cheveu, d’analyses d’urine et de sueur, de muscles ou de kinésiologie appliquée. On vous demandera peut-être de suivre un régime d’éviction, en supprimant progressivement les aliments suspects pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce que l’allergie ou l’intolérance soit détectée. Certains thérapeutes utilisent le test Vega, dans lequel on vous connecte à un appareil électrique conçu pour indiquer la présence d’allergènes.

En se basant sur les résultats de ces tests, et en tenant compte de facteurs comme l’âge et le sexe, le praticien élaborera un régime alimentaire adapté à vos besoins.

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Traitement

Le thérapeute nutritionnel vous prescrira un traitement formulé selon son analyse de votre état de santé. En cas de carence alimentaire, il pourra vous recommander un régime spécial. Il complétera éventuellement ce régime par des enzymes, des remèdes à base de plantes, et des vitamines ou minéraux, qui se prennent généralement pendant les repas sous forme de comprimés, gélules, poudres et liquides (plus rarement sous forme d’injections). À la fin du traitement, le praticien vous apprendra à conserver une alimentation équilibrée et vous suggérera peut-être de faire plus d’exercice. Il pourra aussi vous conseiller des changements dans votre mode de vie, ou un autre traitement thérapeutique parallèle.

De nombreux praticiens pensent que même si vous avez une alimentation équilibrée et un métabolisme sain, vous pouvez être affecté par des toxines. En raison de facteurs comme l’industrialisation et l’augmentation du nombre de voitures sur les routes, l’environnement contient à présent plus de plomb, de cadmium, de mercure et d’aluminium que jamais. En tentant de faire face à ces substances, le corps peut s’affaiblir, et les praticiens sont convaincus que cela provoque des problèmes allant des infections fréquentes et des douleurs imprécises aux affections graves comme le SFC, la dépression, les anomalies de développement, les maladies rénales, l’hypertension artérielle et le cancer.nutrition

Le praticien vous recommandera de minimiser les effets des toxines en consommant beaucoup de fibres et de fruits et légumes biologiques, et en évitant les aliments achetés sur le bord des routes, qui peuvent être exposés à des gaz nocifs.

Il pourra également vous demander d’éviter les aliments cuits dans des ustensiles inadéquats, comme l’aluminium, le plastique ou le revêtement synthétique, et de réduire votre exposition aux gaz d’échappement ou à la fumée de cigarette.

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