La psychothérapie, thérapie de l’esprit et des émotions

Regroupant de nombreuses techniques visant à soulager la souffrance psychologique, la psychothérapie et le conseil doivent beaucoup à Sigmund Freud, le fondateur de la psychanalyse, au tournant du siècle. Qu’elles traitent des troubles psychiques ou émotionnels, ou encouragent la conscience de soi, ces thérapies offrent la possibilité de résoudre des situations, des sentiments ou des pensées traumatisantes en en parlant avec un thérapeute. Psychologues et psychothérapeutes sont aujourd’hui présents dans tous les grands centres hospitaliers et travaillent fréquemment en association avec les médecins.

Historiquefreud

Les origines de la psychothérapie remontent aux travaux de Sigmund qui pratiqua la psychanalyse, à Vienne, des années 1880 aux années 30. Il introduisit le concept d’inconscient et la théorie selon laquelle le symptôme névrotique est un substitut d’un souvenir refoulé et traumatisant. Autour de 1914, un élève de Freud, le médecin psychiatre Carl-Gustave Jung, rompt avec son maître auquel il reprochait de faire de la sexualité le référent unique de la psychanalyse, et fonde l’École de psychologie analytique basée sur l’élargissement de, l’inconscient individuel : l’homme vise avant tout à se dépasser pour accéder à une dimension cosmique. Une autre influence décisive fut celle de Mélanie Klein, une psychanalyste anglaise qui s’intéressa à la psychothérapie de la petite enfance. Pour elle, l’inconscient est à l’œuvre dès la naissance de l’enfant et donc antérieur à l’âge œdipien, tel qu’il est défini par Freud. Les relations des jeunes enfants avec le monde extérieur sont moins formatrices que leurs conflits pour intégrer leur propre corps. Alors que l’analyse freudienne de l’enfant se fonde sur le langage, Mélanie Klein propose des interprétations psychanalytiques basées sur leurs jeux et dessins.

Durant la première moitié du XXe siècle, les thérapeutes comportementalistes ou « béhavioristes » américains John Watson et Burrhus Frédéric Skinner se réclament des travaux de Pavlov sur le conditionnement, et critiquent l’importance accordée par la psychanalyse à l’inconscient. La thérapie comportementale s’appuie sur l’hypothèse que les comportements pathologiques sont acquis par conditionnement et que, pour guérir le patient, il s’agit de le « déconditionner » en agissant sur lui et sur son environnement. En réaction aux thérapies comportementales du conditionnement et à la nature clinique de la psychanalyse freudienne, les psychologues Abraham Maslow, Cari Rogers et Fritz Perls, entre autres, développèrent une approche « humaniste » de la thérapie, en insistant davantage sur les aspects positifs du comportement plutôt que sur ses dysfonctionnements. Dans les années 60, des techniques furent utilisées pour encourager le « développement personnel et aider les patients à réaliser leur potentiel ». Tandis que la psychanalyse demeure prépondérante en Europe et sur la côte Est des Etats-Unis, sur la côte Ouest on voit surgir un « mouvement de développement personnel ». Les travaux des thérapeutes Virginia Satir et Milton Erickson eurent une influence décisive sur le développement des techniques de thérapie brève. Dans les années 70, psychothérapie et conseil firent une percée en Europe, alors que ces deux techniques étaient surtout utilisées, auparavant, aux Etats-Unis.

Principes de base de la psychothérapiepsychothérapie

L’analyse psychanalytique et la thérapie psychodynamique se fondent sur l’existence de souvenirs refoulés qui perturbent le comportement de l’individu. Ces deux approches tendent à encourager leurs patients à parler de leur expérience et exprimer des émotions refoulées dans l’inconscient. Ce qui n’est pas le cas des thérapies cognitive et comportementale qui font appel à la notion d’apprentissage, et non d’inconscient, et visent à modifier le comportement inadapté actuel d’un individu plutôt que d’en rechercher l’origine dans son passé. Il revient aux psychothérapeutes de discerner non seulement l’importance de ce que le patient dit, mais plus encore du non-dit, et de démêler les liens entre comportement actuel et événements passés. La plupart des psychothérapeutes ont eux-mêmes mené une analyse personnelle et font régulièrement l’objet d’une « supervision » par un autre praticien. Mais tous les praticiens ne reçoivent pas la même formation.

  • Psychanalystes : en France, il n’existe aucune réglementation de la profession de psychanalyste; aucun diplôme universitaire n’est exigé pour son exercice, même si, depuis 1968, l’enseignement de la psychanalyse est proposé dans certaines universités. La garantie de compétence est fournie par l’appartenance aux sociétés de Psychanalyse. Elles imposent à chaque candidat une analyse personnelle et de se plier à des cures sous la supervision d’un psychanalyste. À la pratique libérale, les psychanalystes ajoutent des interventions en institution. La cure analytique n’est pas prise en compte par la Sécurité sociale.
  • Psychothérapeutes : leur statut est similaire à celui des psychanalystes. S’ils reçoivent une formation plus ou moins longue et appartiennent à diverses sociétés, il n’existe pas davantage de réglementation de leur profession.
  • Psychologues : la France compte environ 30 000 psychologues. La durée des études est de cinq ans et s’achève par l’obtention d‘un DESS ou DEA accompagné d’un stage. L’analyse personnelle ne fait pas partie de leur formation. C’est à eux que revient, en France, la charge des différents conseils (professionnel, conjugal, psychologique, etc.).

Preuves à l’appui

Analyse et psychothérapie échappent aux «preuves » scientifiques, dans la mesure où les méthodes ne sont pas uniformes et s’appuient sur des théories qu’il est impossible de prouver scientifiquement. De plus, les techniques ont évolué, et la diversité des situations défie les généralisations. Selon plusieurs rapports du Journal of Consulting and Clinical Psychology parus dans les années 90, les thérapies cognitive et comportementale se sont révélées efficaces dans le traitement de l’anxiété, des phobies, des dépressions légères ou modérées, des problèmes relationnels et des dysfonctionnements sexuels. En 1994, le British Journal of Psychatry publia des recherches prouvant que la thérapie cognitive était plus efficace pour traiter les attaques de panique que la médication conventionnelle ou les techniques de relaxation. Quand on compare les résultats des diverses thérapies, on s’aperçoit que les patients en ont généralement tire quelque bénéfice, à plus ou moins long terme, même si aucune technique ne semble l’emporter sur une autre.

Le point de vue médical psychothérapie

Les médecins adressent généralement leurs patients à des psychothérapeutes lorsqu’ils se trouvent en présence de problèmes psychologiques sévères, ou d’événements traumatisants, comme un deuil ou une agression. La profession médicale fait cependant preuve de plus de scepticisme, en revanche, en ce qui concerne les théories et thérapies extrêmes.

Consulter un praticien 

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles vous pouvez avoir besoin de consulter un psychothérapeute ou un conseiller. Un évènement de votre vie a déclenché de violentes émotions ; vous vous sentez dépressif sans comprendre pourquoi ; vous ne parvenez pas à prendre une décision qui pourtant va affecter toute votre vie; vous vivez une relation difficile et souhaiteriez savoir les raisons de ce conflit. Il n’est pas toujours facile de choisir entre toutes les formes de thérapies. Essayez de clarifier au maximum ce que vous attendez de votre thérapeute et du traitement. La première consultation permettra  mesurer si le praticien et la thérapie vous conviennent. Le praticien vous demandera d’expliquer pourquoi vous ressentez le besoin qu’on vous aide, et décidera s’il peut répondre à votre attente. En règle générale la première consultation est gratuite, surtout si vous devez entreprendre une thérapie à long terme. Il est important que vous puissiez parler librement au thérapeute. Si vous vous sentez mal à l’aise dès la première séance, mieux vaut changer de thérapeute. N’hésitez pas à vous informer de la durée vraisemblable de la thérapie.psychotherapie

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