La pratique de la chiropractie

Mise au point à la fin du XIX siècle par Daniel D. Palmer, la chiropractie, ou chiropraxie, cherche à diagnostiquer et imiter les problèmes de la colonne vertébrale, des articulations et des muscles par la manipulation, et à maintenir la santé du système nerveux central et des organes. Les praticiens pensent que le corps peut se guérir par lui-même lorsque les systèmes corporels sont en harmonie. En raison de son succès dans le traitement (les maux de dos, des céphalées et des accidents du sport, la chiropractie est la médecine alternative la plus pratiquée en Occident. Elle compte 62 000 praticiens dans le monde.chiropractie

Histoire

Le terme de chiropractie provient du grec cheiro (main) et praktikos (faire), littéralement : « fait à la main ». La manipulation vertébrale se pratique depuis l’époque d’Hippocrate (V° siècle avant J.C.), et des variantes existent dans le monde entier. La chiropractie fut fondée en 1895 par le Canadien Daniel D. Palmer, qui vérifia ses théories en manipulant la colonne vertébrale de son gardien de bureau, sourd depuis 17 ans à la suite d’une blessure au dos et au cou. La manipulation provoqua un « déclic » et le gardien retrouva l’ouïe. En 1906, Palmer fut emprisonné pour avoir pratiqué la médecine sans autorisation, mais son fils B. J. Palmer poursuivit son œuvre. La thérapie connut un franc succès au début du XXe siècle, s’étendant en Australie et en Europe, mais devant le scepticisme des médecins, l’Association médicale américaine (AMA) la condamna dans les années 60 comme « doctrine antiscientifique ». Un procès de 12 ans s’ensuivit, que l’AMA perdit en 1987. Reconnus aujourd’hui aux États-Unis, les chiropracteurs travaillent dans les hôpitaux et les cliniques du sport.

PRINCIPES DE BASE DE LA CHIROPRACTIE

La chiropractie considère le corps comme une machine. Outre un moteur, un lubrifiant et une batterie, il a une structure mécanique : os, articulations et muscles. La clé de son fonctionnement réside dans la colonne vertébrale, qui lie le cerveau au corps, et toute déformation vertébrale affecte le fonctionnement des autres parties du corps. Toutefois, les chiropracteurs ne considèrent pas les individus comme simplement faits de muscles, de nerfs et d’os. La chiropractie pourrait aussi traiter la tension musculaire due au stress, ou liée à des organes internes, comme l’intestin ou l’utérus. Quand la structure squelettique fonctionne bien, les processus d’auto-guérison du corps maintiennent l’harmonie de tout le système.

PREUVES À L’APPUI

Il existe aujourd’hui un important corps de recherches scientifiques pour soutenir l’efficacité de la chiropractie appliquée aux douleurs lombaires. Des travaux récents prouvent même que, en plus d’être efficace, elle est financièrement intéressante. En 1990 et 1995, le British Medical Journal publia les résultats d’essais pratiqués dans plusieurs centres démontrant que des patients ayant eu recours à la chiropractie pour traiter leurs maux de dos guérirent mieux que ceux qui avaient bénéficié d’une consultation externe en hôpital. Le journal concluait que la chiropractie pourrait donc être une aide précieuse en complément de la médecine académique. Par ailleurs, le centre australien de recherche sur la chiropractie démontra en 1991 que la thérapie était deux fois plus efficace que la médecine officielle pour les maux de dos, et beaucoup plus économique dans le traitement des accidents du travail. Les mêmes conclusions émanent d’études menées par divers ministères de pays anglo-saxons en 1992 et I993.

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LE POINT DE VUE MÉDICAL

Grâce aux recherches positives publiées dans les principaux journaux scientifiques, l’opinion médicale est généralement favorable. La plupart des médecins, cependant, restent très ignorants au regard de la chiropractie et ne savent pas comment l’intégrer à leur pratique. En dehors des États-Unis, les chiropracteurs sont rarement installés dans un environnement de médecine conventionnelle, mais devant l’accumulation des recherches et les regroupements professionnels, la situation devrait s’améliorer nettement.

CONSULTER UN PRATICIEN

Le chiropracteur commence par se renseigner sur vos antécédents médicaux et vos problèmes actuels, y compris toute lésion ou opération ayant contribué à votre état. Il vous questionnera sur votre mode de vie et de travail, et observera votre posture et votre maintien. Il pourra éventuellement faire des examens en vue d’un diagnostic. Votre alimentation et votre usage éventuel de stimulants (caféine, tabac…) seront consignés, et l’on vous demandera comment vous vous asseyez à votre bureau, quel genre de lit vous avez. Le praticien vous fera prendre diverses positions afin d’examiner le fonctionnement de votre colonne vertébrale, de vos articulations et de vos muscles. Il vous demandera de vous tenir debout, de vous asseoir ou de vous allonger sur une table spéciale, sur laquelle on peut s’étendre depuis la position debout. Le traitement commence généralement à la deuxième consultation, après réception des examens qui ont été demandés. En général, le praticien utilise des techniques d’ « ajustement » précises et parfaitement contrôlées, mais il peut aussi employer d’autres méthodes plus douces ou masser la colonne, le crâne et le bassin. La chirurgie n’est jamais utilisée, et si d’autres médicaments ou traitements sont jugés nécessaires, comme dans le cas d’une inflammation grave, par exemple, le chiropracteur vous renverra à un médecin ou un spécialiste approprié.

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